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Ce matin, avant de partir à l’aventure, j’ai encore bien discuté avec J. J’ai besoin d’écrire dans mon journal tout ce qu’il se passe ici mais je ne trouve pas un seul moment de répit parce qu’il y a beaucoup de choses à faire à la fois et c’est très bien.
This morning, before going off in search of adventure, I’ve been talking a lot with J. again, I need to write everything that happens here in my diary , but I can’t have any breather because there are tons of thing to do at the same time, and this is good.

Пло́щадь Побе́ды. Victory Square

La première journée à Minsk était un samedi, jour de mariage. J’ai commencé par me promener dans Gorki Park. On y trouve de vieilles attractions soviétiques pour enfants. J’ai immédiatement été absorbé par cette drôle d’ambiance, les formes et les couleurs de ces jeux ont quelque chose entre la science-fiction et le désuet. Et puis de la musique est constamment diffusée dans ce parc. Elle est spéciale, un peu extra-terrestre. Elle fait référence aux films de science-fiction des années 60, spatial, dans le cosmos. Parfois elle est même inquiétante.
The day in Minsk was a saturday, wedding-day. I started by taking a walk in Gorki Park where you can find old Soviet attractions for kids. I’ve been immediatly absorbed by this strange atmosphere, the shapes and the colours of those games remind me of something between a science-fiction and a outmoded world. And music is constantly broadcasted in this parc. It’s special, a liltle bit extraterrestrial. It refers to syfy movies from the 60’s, spacial, from outer space. Sometimes, it’s even disturbing.




Planetarium




Il y a beaucoup de salles de sports réservées au hockey à Minsk, tout simplement parce que c’est le sport préféré du Président de la République.
There’s a lot of gym reserved for ice hockey in Minsk, only because it’s President of the Republic ‘s favorite sport.








J’ai continué ma visite du centre ville. C’est assez fatiguant car les rues sont larges et immenses et il faut marcher très longtemps pour voir le paysage défiler. Partout, les échelles sont différentes. Les russes avaient un certain goût pour la grandeur. Il y a quelques moments de grâce, où l’on est scotché, mais le reste est raté. Le piège dans lequel tombent nombre de construction est la lourdeur et la masse trop imposante.
I continued my visit of the town center. It’s kind of exhausting because the streets are huge and wide, and you have to walk for a long time to see the landscape scrolling. Everywhere, the scales are different. The russians had a certain taste for greatness. There are a few moments of grace, when you get striken, but the rest is failed. The trap where many construction got stuck in is the heaviness and the too imposing mass.

Television building



Opera and ballet theatre cake

J’ai suivi un chemin que j’avais imaginé au préalable sur mon plan et je suis arrivé devant le grand Opéra-théâtre, qui ressemble à une immense pièce montée. J’aime beaucoup ce bâtiment. Comme nous étions samedi, il y avait une étrange scène devant moi. Un camion était garé là devant, qui diffusait des chansons avec une puissance affolante. Je ne suis pas très fort en russe, mais je sais que ça parlait du Belarus avec beaucoup de fierté. Une limousine était ici aussi, on y fêtait un mariage. Même les plus pauvres des gens économisent pour louer ces voitures-spectacles le temps d’un mariage. Le grand parvis de l’Opera-théâtre offrait une piste de danse à deux jeunes demoiselles d’honneur terriblement enivrées par les chants biélorusses. Elles tournaient et dansaient dans cet immense espace et j’avoue que cette vision d’ensemble quoique banale ici, me parut assez surréaliste.
I followed a way that I had planed beforehand, and I got in front the great Opera-theater house, looking like a huge tiered cake. I like it a lot. Given we were on saturday, there was a strange scene taking place before me. A truck was parked right in front of the building, powerfully broadcasting music. I’m not really good at russian, but I know it was dealing with Belarus with a lot of pride. A limousine was there too, for the celebration of a wedding. Even the poorest of those people save money to rent those show-car the time of a marriage. The great square of the Opera-theater house turned as a dance floor for two young bridesmaid deeply inebriated by those Belarussian chants. They were turning and dancing on this huge place, and I admit that this view, unexceptional here, seemed surrealist to me.


Les biélorusses accordent drôlement les motifs traditionnels folkloriques aux constructions modernes. Ce machin n’est pas le dernier exemple.
Belorussians match alot traditional folkoric patterns to modern buildings. This thing is not the last exemple.


President’s residence.

On peut observer la présence manifeste de militaires en ville. J’ai entendu dire qu’il y avait environ 3 militaires pour 1 civil. Cela me semble exagéré, en France le pourcentage de militaires par rapport à la population représente 0,8% et d’après les chiffres officiels, 0,7% au Belarus. Malgré cela, ils ne se font pas très discrets et on a l’impression de les voir partout. C’est une illusion qui fonctionne bien. L’armée a l’air omniprésente car les officiers se promènent en uniforme dans le métro et dans les rues sans complexe. L’impact est surtout sur les esprits, on pense qu’ils sont toujours en train de tout surveiller, mais ils ne sont pas plus puissants qu’ailleurs. Je suppose que c’est une raison pour lesquelles la population en a si peur.
We can notice the obvious presence of servicemen in town. I heared there was almost 3 servicemen for 1 civilian. This sounds exaggerated to me, in France, the average of servicemen with regard to the population represents 0,8% and refering to the official figure is 0,7% in Belarus. Nervertheless, they are not maintening a low profil, and it seems like they are everywhere. This illusion just works fine. The army seems omnipresent because the officers wear their uniforms in the streets shamelessly. The impact has especially consequences on people’s mind, thinking they are constantly watched, but, they’re not more powerfull than anywhere. I supposed this is a reason why the population is so scared of them.

Sur la grande avenue de Minsk, la route qui va en direction de Moscou, Staline a décidé de construire la vitrine de l’URSS aux portes de la Russie. Beaucoup de façades se veulent imposantes dans le style chéri du vieux despote, c’est-à-dire décoré. Mais quand on passe derrière les résidences, les bâtiments ont une tout autre tête. On dirait qu’ils n’ont pas été terminés, ou du moins bâclés du côté où l’on ne regarde pas, là où l’on ne fait pas parade. C’est comme un décor de western. Je comprends peu à peu l’aspect spectaculaire de l’urbanisme à Minsk, c’est une leçon du genre.
On the great avenue of Minsk, the road going to Moscow, Staline decided to build the USSR display at the Russian gates. A lot of its façades are impressive, in the favorite style of the despot, that is to say, decorated. But when you go behind those residences, the buildings have a flagrant different look. They look like they haven’t been finished, or botchy on the sides we don’t see, where there is no parade. It’s like an western set. I’m understanding, bit by bit, the spectacular aspect of urbanism in Minsk, this is a great lesson.


À chaque moment j’ai l’impression d’avoir fait un saut dans le passé. Dans chaque éléments, on sent des instruments de dictature. J. s’occupe vraiment bien de moi. Elle m’accompagne aux endroits que j’avais envie de voir, repérés à l’avance. Mais elle comprend aussi ce qui motive ma venue et me montre aussi d’autres coins moins connus, susceptibles de m’intéresser.
Au début, G. était plus réservée, un peu froide avec moi. Mais je suis sûr que c’est parce qu’elle maîtrise moins l’anglais que J., et avec le temps nous sympathisons et avons de bonnes discussions. Le piano est un bonheur de tous les instants. Je peux jouer quand je veux et je me sens très inspiré par ce voyage. En plus, les filles sont très contentes que cet instrument reprenne vie dans leur appartement. Même la voisine du dessous, pianiste débutante, se sent motivée par mon jeu, et redouble d’efforts pour ses exercices.
At every moments, I feel like i ‘m jumping back in time. For every element, we can see dictatorial instruments. J ‘s taking good care of me. She’s going with me to all the places I wanted to see, identifided ahead. But she also understands the reasons why I came, and also shows me places less well known, liable to be interesting for me.
At the beginning, G. was reserved, and at bit cold with me. But i’m sure that’s just because she ‘s not mastering english language as well as J. does, and after a while we started to get on well, and to have good conversations. The piano is a bliss of every moment. I can play it everytime I want, and I feel really inspired by this journey. Moreover, the girls are very happy about the rebirth of this instrument in their flat. Even the Neighbour downstair, beginner at piano, feels motivated by my touch, and tries twice as hard for her exercises.


Palace of Republic.
Un lieu dédié à la démocratie et que les architectes du monde entier ont baptisé l’Urne funéraire. Sérieusement, à part de sinistres lignes verticales, il y a rien dans ce bâtiment, il est mort.
A place dedicated to democracy which is called by all the world architects the Funerary Urn. Seriously, beyond those sisnister vertical lines, there’s nothing in this buildings. It’s dead.

Victory square underground.

L’après-midi, j’ai fait la connaissance de Б. et Г., des amis de J. C’était aussi très bien. Б. est photographe, j’aime bien son travail, et Г. est un très bon graphiste, réputé au Belarus. Nous avons de bonnes discussions, mais il y a encore et toujours cette barrière de la langue qui gêne tout. J. me dit que Г. est un formidable orateur en russe, que les gens se bousculent pour assister à ses conférences, mais qu’il est embêté avec l’anglais, de ne pas pouvoir être aussi magique. Je regrette aussi terriblement de ne pas avoir accès à ce qui semble être une richesse. Selon Г., le russe est une complication pour le langage moderne, les mots sont trop longs, il n’est pas adapté à la finance par exemple. Le biélorusse quant à lui, est un peu plus concis, proche du polonais, et pourrait mieux fonctionner dans la vie de tous les jours. Mais le gouvernement en place est dans la nostalgie de l’ère soviétique et privilégie donc le russe et nie la culture locale. C’est pourquoi la langue biélorusse tombe peu à peu en obsolescence. Quoiqu’il en soit, même si le russe est long, compliqué et plutôt fait pour la poésie et les lettres, ça me va. Je suis artiste, pas banquier.
Je suis heureux de faire des rencontres amicales grâce à J., je m’en sens chanceux. La rue est déprimante, jusque dans les boutiques les gens sont froids, fermés, rigides, soviétiques. Je me demande comment les commerces peuvent fonctionner à ce rythme.
Après être allé au restaurant avec Б. et Г., J. s’est absentée et je suis resté avec eux. Nous avons fait une promenade dans le parc et j’ai visité leur appartement. J’ai fait la connaissance de leur chien. Je suis comme un enfant avec le russe, chaque chose est une occasion d’apprendre un nouveau mot, comme le mot “chien” par exemple, ou “thé”, “sucre”. Je mémorise comme ça des mots au hasard, dans la rue j’ai envie de tout lire, j’ai 6 ans de nouveau. Ces deux personnes sont gentilles et touchantes. Г. m’a offert un livre d’architecture sur Minsk, car il sait que j’en ai cherché en ville sans succès. C’est un livre qui rejoint exactement mes réflexions sur la ville, et qui la compare avec le projet de cité radieuse de Le Corbusier. C’est donc le cadeau parfait pour moi, et ô combien touchant de générosité car Г. est fan de l’auteur du livre et ma donné son exemplaire dédicacé. Je ne m’attendais pas à recevoir un tel cadeau !
Les jeunes ici sont conscients que beaucoup de choses ne vont pas du tout dans leur pays, à cause du gouvernement totalitaire qui supprime peu à peu les libertés et ce qu’il reste de bien dans le pays. Mais ce qui me retourne, c’est de voir que cela est accepté comme quasiment inéluctable. Il suffit de s’armer de patience, et peut-être voir si les choses changeront dans 50 ans, si les petit-enfants sont prêts. Mon avis est que malheureusement, les choses ne changeront jamais avec ce mode de pensée. C’est plutôt ce dernier qui a permis les conditions actuelles.
On the afternoon, I met Б. and Г., some friends of J. It was still very nice. Б. is a photograher, I like her work, and Г. is a really good graphic designer, reputed in Belarus. We have some good conversations, but there is still, again and again this language barrier troubling everything. J. tells me that Г. is a great speaker in Russian, that people are scrambling for witnessing one of his conferences, but that he is bothered not to be as magical with english language. I desperatly regret not to have an access to what seems to be a treasure as well. According to Г., russian is a complication for the modern language, words are too long, and it’s not adapted to finance for instance. Byelorussian, as for it is a liltle bit more concise, close to Polish, and would work better in usual life. But the present government lives in the nostalgia of the Soviet era and favours Russian, and deny the local culture. That’s why the byelorussian language is slowly falling into oblivion. However, even if Russian is long, complicated, and more suiting to poetry and literature, I’m okay with this. I’m an artist, not a banker.
I’m happy to be able to meet people thanks to J., I feel lucky. The street is derpessing, until into the shops people are cold, uncommunicative, strict, Soviet. I’m wondering how the stores can work with this rate.
After having been to the restaurant with Б. and Г., J. left and I stayed with them. We took a walk in the park and I visited their flat. I met their dog. I’m like a child with Russian language, everything is a opportunity to learn a new word, like the word dog. for instance, or tea, sugar. I’m memorizing random words, in the street, I feel like reading everything, I’m 6 years old again. These two persons are kind and touching. Г. gave me an book about achitecture in Minsk, because he knows I was looking for one in town, unsuccessfully. This is a book with similar reflections than the ones I have about the town, comparing it with the glorious city project of Le Corbusier. This is the perfect gift for me, and SO generous because Г. is a fan of the author of this book, and gave me his autographed copy. I didn’t expected such a great gift!
Young people are aware of all the things not going well in their country, because of the totalitarian government deleting bit by bit the freedoms and the fiew good things that last in the country. But what’s striking me the most, is to see how this is accepted as something inescapable. You just have to get ready for a long wait, and maybe, see if things are going to change in 50 years, if the grandchildren are ready. On my opinion, unfortunatly, things won’t ever change with that kind of way of thinking. It’s rather this that led to the present conditions.

Avec J. et G., nous sommes allé dans un club de Minsk qu’elles connaissent bien, une amie y organisent des soirées. La musique n’y était apparemment pas comme d’habitude, un peu pénible. Mais nous avons quand même réussi à nous amuser ensemble. Les gens étaient surpris de voir un Français ici. Un gars a même été un peu lourd avec moi, il voulait que je finisse ses verres, quelle idée ? G. m’a dit quelque chose que je n’avais pas remarqué : “À cette soirée, tout le monde t’a bien aimé”. Apparemment, je suis plus chaleureux que les Biélorusses, je regarde un peu plus les gens dans les yeux. Ici, on repère tout de suite quelqu’un d’ “européen”, c’est comme inscrit sur moi, mon attitude, mon look. G. m’a dit que les gens pouvaient me regarder étrangement et gênés car ils se sentent d’abord Soviets et fermés sur eux-mêmes. Mais les amis que je me fais ici au Belarus ressemblent d’avantage à des Européens qu’à des Soviétiques.
Après le club, nous avons suivi un ami des filles qui nous a invité au restaurant et nous sommes rentrés à pied à l’aube, épuisés.

J., G. and I, went to a club they knew in Minsk, a friend of them organize parties in it. The music was apparently not as usual, a liltle anoying.. But we succeeded to have some fun together. People was suprized to meet a french guy here. A guys has even been a liltle anoying with me, he wanted me to finish his drinks, what an idea ! G. told me something I didn’t noticed : At this party, everyone liked you. Apparently, I’m warmer than Belorussians, I’m looking at people in the eyes. Over here, they easily spot European people, it’s like written on my face, my attitude, my look. G. told me that people could watch me in strange way, uncomfortable because they first feel as Soviet, uncommunicative. But the friends I made here, in Belarus, look like more European than Soviet.
After the club, We followed one of the girls’ friend who invited us to the restaurant, and we came back home by foot, exhausted.